Ah, tu ne consommes pas bio ? Bon, naturel alors ? Et tes produits cosmétiques sont vegans au moins ? Combien de fois a-t-on entendu ces questions ? Plus qu’une tendance, on a parfois l’impression que c’est devenu une obligation. Et ne pas s’y plier, c’est devoir se justifier.

Tels des champignons, on les voit apparaitre par flopée depuis quelques années sur le marché. Même les mastodontes des cosmétiques mainstream comme l’Oreal ou Unilever s’y mettent.

Le flou sur ces différents concepts entraine souvent l’idée fausse que les produits cosmétiques estampillés d’un logo « bio », « naturel » ou « vegan » sont forcément meilleurs et que tous les autres sont à bannir. Mais meilleurs en quoi ? Où sont leurs limites?  

De quoi parle-t-on exactement ?

On parle des cosmétiques qui nous promettent qu’en utilisant leurs soins, on sera plus respectueux de l’environnement et de son corps. Bref, la promesse d’un monde qui se portera mieux.

Il n’y a pas que le bio dans la vie…

Il y a aussi le naturel, le vegan, le slow cosmétique… et depuis peu un nouvel arrivant dans la place – roulement de tambour : le ISO 16128 ! (on l’avoue ça fait nom de colle extra forte)

La norme ISO est partout, sur nos produits électriques par exemple et elle est souvent associée à un gage de qualité. Cette norme a pour but d’harmoniser des standards industriels au sein des 165 pays membres. Et maintenant, elle harmonise le monde des cosmétiques bio et naturels!

En 2018, elle a été finalisée et publiée. Ainsi des experts du monde cosmétique ont d’abord défini les 4 termes suivants : biologique, dérivé biologique, naturel et dérivé naturel. Puis ils ont indiqué le mode de calcul pour connaître les indices de naturalité des ingrédients.

Ainsi un produit avec 50% d’ingrédients d’origine naturelle passe le test et rentre dans la norme. Et il n’y a aucune restriction sur les ingrédients controversés.

Ainsi, ces nouvelles règles permettront juste de perdre un peu plus les consommateurs dans le jeu du « c’est bien » VS « c’est maaal » !

De la naturalité au rabais?

On a alors le camp du « pas content » avec les labels bio qui pensent que la norme est une forme de naturel au rabais et une utilisation à outrance d’ingrédients controversés.

Pour les ingrédients controversés, il faut rappeler que l’Europe est le territoire le plus strict en matière de sécurité sanitaire. Et ç’est là qu’intervient le toxicologue. Il pratique des tests très rigoureux pour assurer la sécurité d’un produit avant sa mise sur le marché. Promis, on fera un zoom sur son boulot bientôt! 🤙

On note que la norme ne fait pas fi de la loi et donc chacun peut continuer à faire comme il l’entend. C’est-à-dire que d’un point de vue légal, il n’y a toujours pas de définition précise sur ce qu’est un cosmétique bio ou naturel.

Ainsi les labels ne répondent qu’à leur propre charte individuel de standards et continueront à le faire.

Qu’en est-il du naturel?

Dans les cosmétiques « naturels », on va tout simplement sous-entendre qu’il est majoritairement  composé d’ingrédients provenant de la nature. Et puis c’est tout !

Il n’y a pas de minimum de naturalité imposé, ni obligation d’une provenance bio. On peut aussi avoir un open-bar sur tous les autres ingrédients. Ainsi les cosmétiques naturels peuvent facilement rentrer dans la norme ISO 16128.

Ainsi avec cette norme, les consommateurs auront peut-être tendance à acheter plus facilement.

Les limites des labels bio

Concernant la cosmétique bio, Nature & Progrès, Ecocert, Cosmebio et Cosmos (association internationale qui réunit plusieurs labels européens dont Ecocert et Cosmebio) sont les labels les plus connus en France. Mais tous ces labels et normes ne sont pas standardisés entre eux et ne signifient donc pas la même chose.

Les critères sur lesquels se reposent les labels sont :

  • Un pourcentage minimum d’ingrédients d’origine naturelle ou naturel – y compris eau et minéraux
  • Un pourcentage minimum d’ingrédients bio sur les ingrédients végétaux
  • Un pourcentage minimum d’ingrédients bio sur le total du produit
  • L’interdiction d’utiliser certains ingrédients controversés

Tu peux retrouver la comparaison entre les différents label sur le site de Mon Corner b

Clairement cela signifie que ces labels s’assurent que nous nous mettons plus d’ingrédients qui proviennent de la nature avec moins de pesticides et d’OGM sur nos jolis minois ainsi que le bannissement de certains ingrédients controversés.

Donc c’est bien non ?

Dans la théorie, oui c’est bien.

Mais il y a une notion qui est embêtante car le terme « ingrédients d’origine naturels » est déjà trompeuse. Ces ingrédients sont issus de végétaux mais ont subi une transformation et souvent une extraction chimique.

Par exemple, les laboratoires peuvent utiliser des solvants pour obtenir des huiles essentielles comme la rose ou le géranium. En effet, l’huile essentielle de rose peut être obtenue soit par distillation où il faudra 5 tonnes de pétales de rose pour obtenir 1kg. Ou l’extraction peut être faite par solvant où il faudra seulement 400kg de pétales pour obtenir 1 kg.

Dans un monde où le consommateur est attiré par un prix bas et où il n’y a pas encore suffisamment de traçabilité, on vous laisse imaginer la suite logique des laboratoires peu scrupuleuses…

On retrouve donc ces solvants dans la composition de nos produits de beauté, certes à petites doses mais le problème est que le consommateur a l’impression que les produits estampillés bio sont forcément exempts de produits nocifs.

De plus, que ce soient des ingrédients d’origine naturelle ou naturels, ils n’ont pas tous été cultivés selon le cahier des charges bio. Encore une fois, seul un pourcentage minimum d’ingrédients bio doit être respecté.

Dans ces produits, on a donc beaucoup de naturalité mais pas forcément une naturalité propre. Par ailleurs, ces ingrédients peuvent tout aussi bien provenir du Tombouctou ou du Pérou.

Et en terme de ressenti ?

Les labels imposent également une règle sur certains ingrédients comme le parfum, les agents de texture ou les conservateurs.

On évite donc pas mal de choses comme les paraben, les phtalates, les silicones…

Mais avec autant de naturalité dans les produits, nous avons besoin d’un conservateur puissant et on se tourne souvent vers l’alcool dans des proportions assez élevées, avoisinant les 15% du produit fini. L’alcool réputé asséchant et irritant est à fuir pour les peaux sensibles pour une routine beauté saine.

Allergies

De la même façon, beaucoup de produits en cosmétique bio adorent les huiles essentielles qui en font un de leurs ingrédients phare. Or il faut savoir que ces huiles très puissantes sont également très allergènes et rendre la peau plus sensible.

Par ailleurs, avec l’interdiction des agents de texture, on peut dire bye bye à la sensorialité. Ce n’est pas pour rien qu’on n’a du mal à finir certains produits alors que d’autres on les rachète encore et encore !

Ainsi, les parfums synthétiques sont interdis dans le bio. Or l’extrait de parfum de la rose pure est hautement allergène. C’est pourquoi on va enlever de ce même extrait ces allergènes, le parfum est par ainsi qualifié de synthétique. Il est donc mieux supporté que l’extrait pur.

Au final, les produits bio sont meilleurs?

Tu l’auras compris, tu vas avoir une réponse teintée en gris !

Lorsqu’un produit quel qu’il soit, bio ou non met en avant des revendications (hydratation, protection, atténuation…), il doit subir une batterie de test avant sa mise sur le marché qui prouve ses revendications. D’un point de vue purement réglementaire, l’efficacité est objective. Cependant une peau peut mieux réagir à certains produits cosmétiques que d’autres ! Parfois, les lois de la nature sont impénétrables !

Bon forcément, il faut savoir différencier les revendications et son message marketing.

« Retrouve ta peau de bébé » ou « Fais disparaitre tes rides en 10 jours » – on nous prend pour des pigeons là non ?

Ah d’ailleurs, « approuvé par » un dermatologue / un docteur n’a pas plus de valeur en qualité que si c’est approuvé par le frère de ma sœur. Oui, oui, c’est un non-sens 🙃

Alors on y va ou pas ?

On parle de plus en plus de greenwashing et à raison ! Il est très facile d’utiliser un marketing avec un code couleur bleu ou vert pour donner une impression de cosmétiques bio ou naturels et de plus en plus de consommateurs pensent bien faire. Va faire un tour sur le blog de Gala, elle ne mâche pas ses mots sur ce terrain là ! 

Parfois les marques vont jusqu’à rajouter un label bio totalement fictif sur leur packaging.

Les labels assurent une certaine qualité mais ils ne font pas tout. Des produits cosmétiques peuvent ne pas être estampillés bio et avoir une charte de qualité forte. Cela est d’autant plus vrai que pour être labellisé, il faudra débourser quelques pépettes. Pour une jeune marque, cela n’est pas forcément évident.

Le meilleur moyen de s’en assurer est tout simplement de décoder votre soin cosmétique à travers sa liste d’ingrédients. Vive les app ! (Yuka, InciBeauty…) 

Le bio meilleur pour l’environnement ?

Dans l’ensemble, on dira que oui mais tout tient à la responsabilité de chacun.

Qui n’a jamais acheté un rouge à lèvre ou un vernis porté 1 ou 2 fois, et qui l’a laissé trainer au fond d’une pochette?  

Selon une étude anglaise, seulement 10% des produits cosmétiques achetés sont vraiment utilisés.

La question ne relève même plus du choix d’achat mais de la surconsommation.

Le petit mot de la fin

Tu regrettes ton achat ? Pas de soucis, donne-le à une amie ou à de parfaits inconnus sur l’appli Geev. Ca fera surement le bonheur de quelqu’un.

Tu es décue ? Partage un avis objectif – cela aidera d’autres personnes à se faire un avis avant de l’acheter et d’être déçues aussi. Quand tu achètes un produit d’une petite entreprise, il y a un entrepreneur qui fait une petite danse de la joie et quand tu le critiques constructivement, il s’améliore ! Des avis factuels, ya que ça de vrai ! 🤓

Et enfin l’utilisation d’un produit multifonction peut remplacer 2 à 4 soins dans ta salle de bain qui trainent pendant des mois. Qui a dit qu’on avait besoin d’une huile pour l’ongle du petit doigt alors que l’huile à l’amande douce fait tout aussi bien l’affaire pour le corps, les ongles, et la pointe des cheveux ? #tips

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